Piccadilly Circus à Londres : ce qu'il faut savoir
En bref
Piccadilly Circus est un carrefour publicitaire, pas une visite. On y passe un quart d'heure, de préférence une fois la nuit tombée, et son intérêt tient surtout à ce qui l'entoure : Regent Street, le West End et Chinatown partent d'ici.

Pourquoi « Circus » ne veut pas dire cirque
C'est le premier malentendu, et il est massif chez les francophones. En anglais britannique, circus désigne une place circulaire, directement du latin circus, « cercle » ou « anneau ». Aucun rapport avec les chapiteaux. Londres compte d'ailleurs plusieurs circus sur le même principe : Oxford Circus, Cambridge Circus, Holborn Circus, tous des carrefours giratoires ouverts au XIXe siècle lors du percement des grandes artères.
Le nom Piccadilly, lui, vient d'un vêtement. Au début du XVIIe siècle, un tailleur nommé Robert Baker fit fortune en vendant des piccadills, ces cols raides à collerette que portait la mode d'alors. La maison qu'il se fit construire dans le quartier fut moquée sous le sobriquet de Piccadilly Hall, et le nom est resté à la rue, puis à la place. Piccadilly Circus, littéralement, c'est le rond-point du col de chemise.
La statue n'est pas Éros
Tout le monde l'appelle Éros, y compris les guides et les plans de la ville. C'est faux, et l'histoire vaut d'être connue. L'œuvre est la fontaine commémorative de Shaftesbury, sculptée par Alfred Gilbert et inaugurée le 29 juin 1893. Elle honore Anthony Ashley Cooper, septième comte de Shaftesbury, le réformateur social qui fit interdire le travail des enfants dans les mines et les usines pour le remplacer par l'école.
Idee recue
La statue ailée de Piccadilly Circus représente Éros.
En realite
Détail qui complète le tableau : la fontaine faisait à l'origine face à Shaftesbury Avenue, l'avenue baptisée du nom du même comte, de sorte que l'hommage était double. Les réaménagements successifs de la place l'ont déplacée plusieurs fois, et elle ne pointe plus tout à fait dans la bonne direction.
Les écrans lumineux
Les Piccadilly Lights éclairent le carrefour depuis 1908. Si vos photos de référence montrent une mosaïque de panneaux séparés, elles sont périmées : les six écrans distincts ont été remplacés par un écran LED unique et incurvé en 2017. Éteint le 16 janvier, il a été rallumé le 26 octobre après neuf mois de travaux. Il mesure 17,5 mètres de haut sur 44,6 de large, dépasse la définition 4K, et affiche toujours six annonceurs, mais sur une seule surface continue.
Le détail qui fait toute la valeur de ces écrans
Quand y aller ?
Le soir, une fois la nuit tombée. C'est le seul moment où la place tient sa promesse : les écrans dominent, la lumière se reflète sur la chaussée mouillée, et l'image correspond enfin à celle des cartes postales. En journée, vous ne verrez qu'un carrefour très circulé, bruyant, avec un écran allumé qu'on remarque à peine en plein soleil. L'écart entre les deux visites est considérable. En hiver, la nuit tombe vers 16 h, ce qui rend l'exercice facile en fin d'après-midi ; en juin, il faut attendre 21 h 30 passées. Le calendrier de la lumière est sur notre page météo et quand partir.
Combien de temps y consacrer ?
Un quart d'heure, photo comprise. Autant le dire franchement, puisque aucun guide ne le fait : il n'y a rien à visiter. Pas de monument à parcourir, pas de musée, pas de billet. On regarde l'écran, on photographie la fontaine, on traverse. Les visiteurs qui bloquent une heure sur leur programme repartent en se demandant ce qu'ils ont raté.
La comparaison avec Times Square est juste, y compris dans la déception qu'elle produit : deux carrefours publicitaires devenus célèbres pour leur célébrité même. Piccadilly Circus est plus petit et, à sa décharge, mieux entouré. Traitez-le comme un point de passage entre deux vraies étapes, jamais comme une destination. Notre itinéraire de 3 jours le place ainsi, en fin de journée 3, entre Soho et le retour vers le nord.
Ce qu'il y a vraiment à voir autour
C'est là que la place prend son intérêt. Cinq artères en partent, et chacune mène quelque part.
Regent Street
La courbe la plus élégante de Londres, dessinée par John Nash au début du XIXe siècle. Façades homogènes, grandes enseignes, et des illuminations de Noël qui valent le détour à elles seules.
Shaftesbury Avenue
L'artère des théâtres du West End, qui part en diagonale vers le nord-est. Une demi-douzaine de salles s'y succèdent, avec leurs enseignes au néon.
Chinatown
Deux minutes à pied vers l'est, derrière les portiques rouges de Gerrard Street. Le contraste avec le carrefour est immédiat, et on y mange mieux que sur la place.
Le West End
Leicester Square à trois minutes, Covent Garden à dix. Tout le quartier des sorties est accessible à pied depuis la sortie du métro.
Les quartiers eux-mêmes sont traités à part : notre fiche Soho et Covent Garden détaille ce qui s'y passe, et notre page quartiers de Londres situe l'ensemble avec le bon jour pour chacun.
Manger et dormir dans le secteur
Deux mises en garde, brèves. Dormir ici coûte cher et l'endroit reste bruyant tard : le secteur est central, donc pratique, mais le rapport qualité-prix est meilleur d'une ou deux stations plus loin, comme l'explique notre comparatif où dormir à Londres. Côté table, les enseignes qui donnent directement sur la place vivent du passage : marchez cinq minutes vers Chinatown ou Soho et vous mangerez mieux pour moins cher, comme le détaille notre page où manger à Londres. Enfin, Regent Street est le point de départ naturel du shopping londonien.
Piccadilly Circus au cinéma
La place ouvre l'un des moments les plus tendus de la saga Potter : dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, Harry, Ron et Hermione transplanent en plein Piccadilly Circus après avoir fui le mariage, et manquent de se faire renverser par un bus. La scène a été tournée sur place, de nuit, la circulation bloquée. On y a aussi filmé des passages de 28 jours plus tard, où le carrefour désert produit exactement l'effet inverse. Les lieux de tournage de la saga sont réunis sur notre page studios Harry Potter.
Y aller

La station Piccadilly Circus dessert la place, sur les lignes Bakerloo et Piccadilly, en zone 1 : les sorties débouchent directement sur le carrefour, sans marche à faire. Mais le plus agréable reste d'y arriver à pied, depuis Covent Garden, Leicester Square ou Oxford Circus, tous à cinq ou dix minutes. Le fonctionnement du réseau et le paiement sans contact sont expliqués sur notre page métro de Londres, et le reste des visites sur notre guide que faire à Londres.
Questions fréquentes
Page vérifiée le 19 août 2026. La fontaine commémorative de Shaftesbury est l'œuvre d'Alfred Gilbert, inaugurée le 29 juin 1893. Caractéristiques et dates de l'écran d'après les communications de son exploitant. L'accès à la place est libre et permanent. Éditeur : [éditeur à renseigner].