Travailler en Angleterre quand on est français : ce qui a changé

En bref
Depuis le 1er janvier 2021, un Français ne peut plus travailler librement au Royaume-Uni. La route principale exige un employeur titulaire d'une licence de sponsor et un salaire d'au moins 41 700 £ par an. Sans employeur sponsor, il n'y a pas de route. Le reste de cette page dit ce qu'il reste comme possibilités, et ce que ça paie.
Un Français peut-il encore travailler en Angleterre ?
Non, plus librement. La libre circulation entre l'Union européenne et le Royaume-Uni a cessé le 1er janvier 2021. Un ressortissant français est depuis traité exactement comme un ressortissant de n'importe quel pays tiers : il lui faut un visa qui autorise le travail, et ce visa se demande à partir d'une offre d'emploi, pas avant.
Une exception, et une seule. Les personnes qui résidaient déjà au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 relèvent de l'EU Settlement Scheme. Si vous avez obtenu le settled status ou le pre-settled status à cette époque, vos droits au travail sont maintenus et rien de ce qui suit ne vous concerne. Ce régime est fermé aux nouvelles arrivées.
Idee recue
Mon titre de séjour français me permet d'aller travailler en Angleterre.
En realite
Ce que le Brexit a changé, point par point
Sans commentaire politique, voici les changements qui touchent concrètement quelqu'un qui voudrait partir travailler. Le pivot est le 1er janvier 2021, date de fin de la période de transition.
| Ce qui change | Avant 2021 | Aujourd'hui |
|---|---|---|
| Droit de travailler | Automatique, sans formalité | Visa obligatoire, adossé à une offre d'emploi d'un employeur sponsor |
| Durée de séjour | Illimitée | Liée à la durée du visa, et à l'emploi qui l'a permis |
| Changer d'employeur | Libre | Nouveau sponsor requis, et mise à jour du visa |
| Diplômes | Reconnaissance mutuelle automatique | Reconnaissance au cas par cas, selon la profession et l'organisme |
| Sécurité sociale | Coordination européenne des droits | Accord bilatéral, plus étroit, et health surcharge à payer avec le visa |
| Emplois peu qualifiés | Accessibles | Fermés de fait par le seuil de salaire |
La ligne la plus lourde de conséquences est la dernière. Le Royaume-Uni n'a pas interdit les emplois peu qualifiés aux étrangers : il a fixé un seuil de salaire que ces emplois n'atteignent jamais. L'effet est le même, mais il est indirect, et c'est ce qui explique que tant de contenus français continuent de parler de « saisonnier en Angleterre » comme si la voie existait encore. Le health surcharge de la troisième ligne mérite aussi d'être anticipé : il se paie d'avance, pour toute la durée du visa, et il conditionne l'accès au système de santé britannique.
Le seuil de 41 700 £ : ce qu'il implique concrètement
La route principale s'appelle le Skilled Worker visa. Elle repose sur trois éléments qui doivent tous être réunis, et l'absence d'un seul suffit à fermer le dossier.
D'abord un employeur titulaire d'une licence de sponsor. C'est une autorisation que l'entreprise obtient du Home Office, qui coûte de l'argent et impose des obligations de suivi. Beaucoup de PME britanniques n'en ont pas et ne souhaitent pas en demander une pour un candidat. Ensuite un certificate of sponsorship, que cet employeur vous délivre pour un poste précis. Enfin le salaire.
Le plus élevé des deux montants, pas le seuil général
Il faut mesurer ce que ce niveau représente. Le seuil d'entrée du visa de travail est plus élevé que ce que gagne la moitié des salariés du pays. Ce n'est pas un hasard de calibrage, c'est l'objectif de la politique. Les métiers de la restauration, de la vente, de l'hôtellerie, de l'aide à la personne et la plupart des débuts de carrière sont hors d'atteinte. La procédure elle-même, les pièces, les frais et les délais sont traités dans notre guide des visas et de la fiscalité.

Et pour les moins de 30 ans ?
C'est la question la plus posée, et la réponse doit être donnée avec précision parce qu'elle circule déformée. Au 19 août 2026, aucun accord de mobilité jeunesse entre l'Union européenne et le Royaume-Uni n'est en vigueur. Rien n'est signé, rien n'est ouvert, aucune demande ne peut être déposée. Les négociations sont engagées et se poursuivent.
Ce qui est sur la table reprend le modèle des accords bilatéraux que le Royaume-Uni a déjà avec d'autres pays : une tranche d'âge de 18 à 30 ans, un séjour de deux à trois ans, un visa autour de 319 £ auquel s'ajoutent 776 £ par an de health surcharge, et une épargne personnelle d'environ 2 530 £ à justifier. Le point décisif est ailleurs : cette route n'exigerait aucun employeur sponsor. Ce serait, pour un jeune Français, un changement de nature complète par rapport à la situation actuelle.
Rien de signé, et les discussions butent
Reste la question du salaire réel, une fois le visa obtenu. Elle a sa propre page, parce qu'elle demande de distinguer le médian de la moyenne, de lire le salaire minimum comme un taux horaire et de comprendre ce que les prélèvements laissent : tout cela est sur les salaires en Angleterre. Ce que ces montants permettent réellement de vivre est traité sur coût de la vie, et le poste qui absorbe l'essentiel de l'écart avec la France, le logement, sur se loger en Angleterre.
Le National Insurance number
Idee recue
Il faut avoir son National Insurance number avant de pouvoir être embauché.
En realite
Le National Insurance number est un identifiant permanent. Il sert à rattacher vos cotisations sociales à votre nom, ce qui détermine ensuite vos droits, la retraite d'État en premier lieu, et il vous identifie auprès de l'administration fiscale. On le demande une fois, on le garde à vie.
La demande se fait une fois sur place, sur gov.uk, et l'obtention prend jusqu'à quatre semaines. Pendant ce délai, votre employeur peut vous déclarer et vous payer : il utilise un code provisoire, régularisé quand votre numéro arrive. En attendant, ouvrir un compte bancaire est le vrai sujet pratique, parce que sans compte britannique la paie n'a nulle part où aller. C'est expliqué sur notre page ouvrir un compte bancaire.
Travailler au Royaume-Uni et vivre en France
Le principe est celui de la résidence fiscale, et il ne dépend pas de votre nationalité mais du lieu où se trouve le centre de votre vie. En pratique, on regarde où vous habitez effectivement, où vit votre famille, et combien de jours vous passez dans chaque pays. Une convention fiscale entre la France et le Royaume-Uni existe précisément pour éviter que le même revenu soit imposé deux fois, mais elle répartit le droit d'imposer, elle ne vous laisse pas choisir.
Le cas du frontalier qui vivrait à Lille et travaillerait à Londres existe, mais il reste marginal, et il n'ouvre aucun régime particulier comme il en existe à la frontière suisse ou luxembourgeoise. Si vous êtes dans cette situation, le sujet est trop dépendant de votre cas personnel pour se régler sur une page web : notre silo visa et fiscalité pose le cadre, un conseil professionnel fait le reste.
Chômage français et emploi britannique
La question revient souvent et mérite une réponse prudente. Depuis la fin de la coordination européenne, les périodes travaillées au Royaume-Uni ne s'additionnent plus automatiquement à vos droits français comme c'était le cas avant 2021. Un accord bilatéral encadre désormais la matière, et son application dépend de votre parcours précis, des dates et de votre statut au départ. Nous ne donnerons pas ici de réponse ferme, parce qu'une réponse fausse sur ce sujet coûte cher : posez la question à France Travail avant votre départ, par écrit, et conservez la réponse. C'est la seule démarche qui vous protège.
Sans parler anglais, sans diplôme : que reste-t-il ?
La réponse honnête est décourageante, et c'est précisément pour cette raison qu'on ne la trouve nulle part. Le seuil de salaire ferme la porte. Un emploi qui n'exige ni diplôme ni anglais courant ne paie pas 41 700 £ par an, donc il ne peut pas servir de base à un visa de travail. L'idée de partir « pour apprendre l'anglais en travaillant sur place » correspondait à une réalité d'avant 2021. Elle n'en correspond plus à aucune.
Trois voies restent ouvertes, et elles ont un point commun : elles ne passent pas par une candidature spontanée depuis la France. Le détachement, quand un employeur français vous envoie en mission au Royaume-Uni tout en restant votre employeur. La mutation intra-groupe, quand une entreprise présente des deux côtés vous transfère, ce qui relève d'une route de visa distincte. Et le travail indépendant depuis la France pour des clients britanniques, qui ne demande aucun visa puisque vous ne vous installez pas.
Si vous êtes étudiant, le droit de travailler pendant les études suit des règles à part, rattachées au visa étudiant et plafonnées en heures : c'est traité sur notre page étudier en Angleterre. Et si votre projet tient malgré tout, le réseau reste le meilleur canal pour trouver un employeur prêt à sponsoriser : la communauté française sur place est souvent plus efficace que les plateformes d'annonces.
Questions fréquentes
Seuils Skilled Worker, taux de salaire minimum et délai du National Insurance number relevés le 19 août 2026sur gov.uk. Les niveaux de rémunération, le salaire minimum et les prélèvements relèvent de notre page sur les salaires en Angleterre, qui porte ses propres sources. La section sur la mobilité des moins de 30 ans est suivie tous les mois : rien n'était signé au 19 août 2026. Cette page explique quel visa est nécessaire, pas comment le demander : la procédure, les pièces et les frais relèvent du silo visa. Elle ne constitue pas un conseil juridique. Éditeur : [éditeur à renseigner].