Vivre en Angleterre : ce qu'il faut savoir avant de s'installer
En bref
Depuis le Brexit, un Français ne peut plus s'installer librement au Royaume-Uni. Il faut un visa, et la voie principale exige un employeur sponsor et 41 700 £ par an au minimum. Restent trois autres portes : les études, le conjoint britannique, et les visas talent ou entrepreneur. Sans l'une de ces quatre, le projet ne tient pas.
Vous viviez au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 ?
Peut-on encore s'installer en Angleterre après le Brexit ?
Oui, et il faut le dire sans détour : c'est devenu difficile. La libre circulation a pris fin le 31 décembre 2020. Un Français est aujourd'hui traité comme n'importe quel ressortissant hors Royaume-Uni. Il n'existe plus de statut intermédiaire, plus de séjour long sans titre, plus de recherche d'emploi sur place. Quatre voies seulement mènent à une installation durable.
Emploi sponsorisé
Le Skilled Worker. Il suppose un employeur agréé par le Home Office et un salaire au-dessus du seuil. C'est la voie majoritaire.
Études
Le visa étudiant, suivi éventuellement du Graduate qui autorise deux ans de séjour après le diplôme.
Conjoint britannique
Le visa famille, soumis à un seuil de revenus du répondant et à des conditions de langue.
Talent ou entrepreneuriat
Global Talent, Innovator Founder. Voies étroites, mais sans sponsor employeur.
Le durcissement est récent et continu. Le seuil du Skilled Worker est passé de 26 200 £ à 38 700 £ en avril 2024, puis à 41 700 £ le 22 juillet 2025, avec un niveau de qualification relevé au niveau licence. Une série de métiers intermédiaires ont perdu leur éligibilité à cette date, les personnes déjà sponsorisées avant conservant leurs droits. Le détail des procédures est dans notre silo visa et fiscalité.
Idee recue
Avec une ETA, je peux venir travailler quelques mois.
En realite

Les étapes de l'installation, dans l'ordre
L'ordre compte, parce que chaque étape en conditionne une autre. C'est ce que les récits d'expatriés ne disent pas, et c'est là que les projets s'enlisent : entre l'arrivée et le premier loyer payé, il se passe rarement moins de six semaines.
Obtenir le visa
3 à 8 semainesTout commence par là, depuis la France. Sans visa, aucune des étapes suivantes n'est possible. Le Skilled Worker suppose d'avoir déjà un employeur sponsor : la recherche d'emploi précède donc la demande. Voir le visa Skilled Worker.
Arriver et activer son eVisa
Jour 1Le titre de séjour est désormais entièrement numérique. Il se consulte via un compte UKVI en ligne, et c'est ce compte que vous présenterez à un employeur ou à un propriétaire. Voir l'eVisa.
Demander son National Insurance Number
2 à 8 semainesL'équivalent du numéro de sécurité sociale. Il se demande une fois sur place et conditionne l'emploi déclaré. Vous pouvez commencer à travailler sans, mais vous serez imposé au taux d'urgence en attendant.
Ouvrir un compte bancaire
1 jour à 3 semainesLes banques traditionnelles réclament un justificatif d'adresse britannique. Les néobanques s'en passent et acceptent une ouverture depuis un téléphone, ce qui débloque toute la suite. Voir ouvrir un compte.
Le piège Le blocage classique : pas de compte sans adresse, pas de bail sans compte. On en sort par une néobanque, ou par quelques semaines en logement temporaire qui fournit une adresse.
Trouver un logement
2 à 6 semainesComptez un dépôt plafonné à cinq semaines de loyer, un mois d'avance, une enquête de solvabilité et souvent un garant britannique. À défaut de garant, certains propriétaires demandent six mois d'avance. Voir se loger.
S'inscrire chez un GP
1 à 2 semainesLe médecin généraliste est la porte d'entrée de tout le système de santé. Sans inscription, pas d'accès aux spécialistes. C'est gratuit, et la surtaxe santé a déjà été réglée avec le visa. Voir le NHS.
Déclarer sa council tax
Dans le moisL'impôt local se déclare auprès du council dès l'emménagement. Les étudiants en sont exonérés, une personne vivant seule bénéficie d'une réduction de 25 %.
Combien coûte la vie en Angleterre ?
La question se pose mal quand on dit « l'Angleterre ». L'écart entre Londres et le reste du pays est plus grand que l'écart entre Londres et Paris. Sur le logement, un salaire londonien à 45 000 £ laisse souvent moins de reste à vivre qu'un salaire mancunien à 32 000 £.
| Poste | Londres | Reste de l'Angleterre | Paris |
|---|---|---|---|
| Studio ou 1 chambre, en villeLe poste qui creuse tout l'écart | 1 900 à 2 400 £ | 800 à 1 200 £ | 1 200 à 1 500 € |
| Chambre en colocation | 900 à 1 300 £ | 500 à 750 £ | 700 à 900 € |
| Courses alimentaires | 250 à 350 £ | 220 à 320 £ | 250 à 350 € |
| Transport, abonnement mensuelZones 1-2 à Londres | ≈ 180 £ | 60 à 90 £ | ≈ 90 € |
| Énergie et internet | 130 à 200 £ | 120 à 190 £ | 100 à 160 € |
| Council tax ou taxe d'habitation | 120 à 200 £ | 100 à 180 £ | 0 € |
| Déjeuner au restaurant | 12 à 18 £ | 9 à 14 £ | 14 à 20 € |
| Pinte de bière | 6 à 7,50 £ | 4,50 à 5,50 £ | 7 à 9 € |
Deux postes surprennent les Français. La council tax est due par l'occupant, locataire compris, là où la taxe d'habitation a disparu en France. Et l'énergie se paie souvent par prélèvement mensuel lissé, avec régularisation annuelle. Le détail poste par poste est sur notre page coût de la vie, et la conversion des montants sur notre page livre sterling contre euro.
Travailler en Angleterre
Tout dépend d'un employeur disposé à sponsoriser, c'est-à-dire agréé par le Home Office et prêt à en assumer le coût. Les grandes entreprises et le secteur public le font couramment ; les PME rarement. Depuis le relèvement du niveau de qualification en juillet 2025, les postes intermédiaires de l'hôtellerie, de la logistique ou de la vente ne permettent plus de sponsoriser un nouvel arrivant.
Un seuil réduit à 33 400 £ existe pour les moins de 26 ans, les jeunes diplômés, les personnes en formation professionnelle et les titulaires d'un doctorat scientifique. C'est la porte la plus réaliste pour un profil junior. Le contrat britannique, lui, se distingue par une période d'essai courte mais un préavis souvent réduit à une semaine la première année. Notre page travailler en Angleterre détaille secteurs, salaires et démarches, et la procédure figure sur notre page visa Skilled Worker.
Se loger
En location, le dépôt est plafonné à cinq semaines de loyer et déposé sur un compte séquestre agréé. Attendez-vous à une enquête de solvabilité, le referencing, et à la demande d'un garant britannique. Le propriétaire doit par ailleurs vérifier votre droit au séjour, c'est le right to rent. À l'achat, la distinction entre leasehold et freehold est le piège principal : le premier n'est qu'un bail de longue durée, avec charges et durée résiduelle à examiner. Les non-résidents paient en outre une surtaxe de droits de mutation. Tout est détaillé sur notre page se loger en Angleterre.
Santé : comment fonctionne le NHS
L'accès au NHS se paie d'avance, avec le visa : c'est l'Immigration Health Surcharge, environ 1 035 £ par an et par personne, réglée pour toute la durée du titre. Une fois sur place, tout passe par l'inscription chez un GP, le généraliste de secteur, qui commande l'accès aux spécialistes. Le système est gratuit au point d'usage mais les délais d'attente sont longs, ce qui explique le recours fréquent à une couverture privée complémentaire. Voyez nos pages santé et NHS et assurances.
Ouvrir un compte bancaire
C'est le point de blocage le plus fréquent des premières semaines. Les banques de réseau exigent un justificatif d'adresse britannique que vous n'avez pas encore, puisqu'il faut un compte pour signer un bail. Les néobanques contournent l'obstacle : ouverture depuis un téléphone, en quelques heures, sans adresse locale. Beaucoup de nouveaux arrivants ouvrent une néobanque à l'arrivée, puis une banque traditionnelle une fois installés, souvent exigée pour un prêt immobilier. Notre page ouvrir un compte bancaire compare les options.
Scolariser ses enfants
L'école publique, la state school, est gratuite et l'affectation dépend strictement de l'adresse : le choix de l'école précède donc celui du logement. À côté existent les private schools, payantes, et les grammar schools, publiques mais sélectives sur examen. L'année scolaire commence début septembre et se découpe en trois trimestres avec des vacances plus courtes qu'en France. Les familles francophones se tournent souvent vers le lycée français de Londres, très demandé. Notre page scolarisation explique le système et les inscriptions.
Où s'installer en Angleterre ?
Le réflexe londonien mérite d'être questionné. À salaire égal après loyer, plusieurs villes du nord offrent un niveau de vie supérieur. Les liens ci-dessous mènent aux pages consacrées à y vivre. Si vous préparez un séjour touristique, ce sont nos fiches voyage qu'il vous faut, pas celles-ci.
Les salaires les plus hauts et les loyers qui les absorbent. La communauté française y est de loin la plus dense.
Pour la visite : Londres en touriste
L'alternative la plus crédible à Londres : un marché du travail réel, des loyers deux fois moindres.
Pour la visite : Manchester en touriste
Deuxième ville du pays, la moins chère des grandes. Bien reliée à Londres en 1 h 25 de train.
Pour la visite : Birmingham en touriste
Secteur créatif et aéronautique, cadre de vie recherché. Les loyers ont beaucoup monté.
Pour la visite : Bristol en touriste
Bord de mer à une heure de Londres. Beaucoup de télétravailleurs, un marché locatif tendu.
Pour la visite : Brighton en touriste
Recherche, biotech et édition. Petites villes, salaires élevés, logement rare et cher.
Pour la visite : Cambridge et Oxford en touriste
La communauté française en Angleterre
Elle se compte en centaines de milliers de personnes et se concentre massivement à Londres, historiquement autour de South Kensington où siègent le consulat et le lycée français. Le Brexit a interrompu la croissance continue des années 2000 et 2010, et une partie de la communauté est rentrée. Les associations, les réseaux professionnels et les groupes de quartier restent le moyen le plus efficace de trouver un logement ou un premier emploi. Notre page communauté française recense les points de contact.
Étudier en Angleterre
C'est le changement le plus brutal du Brexit pour les jeunes Français. Depuis 2021, ils ne bénéficient plus du tarif national : ils paient les frais internationaux, deux à trois fois plus élevés, et n'ont plus accès aux prêts étudiants britanniques. Erasmus+ ne s'applique plus non plus, le Royaume-Uni lui ayant substitué son propre programme. Le visa étudiant reste accessible, et le visa Graduate autorise deux ans de séjour après le diplôme, sans sponsor. Voyez nos pages étudier en Angleterre et visa étudiant et Graduate.
Faut-il vraiment partir ? Avantages et inconvénients
Ce qui joue pour
- Des salaires nettement supérieurs dans la finance, la tech et la recherche.
- Un marché du travail fluide : on est embauché vite, et licencié vite aussi.
- Une charge administrative faible. Créer une société prend une journée.
- La langue, qui ouvre ensuite un marché mondial.
- Deux heures de Paris en train, ce qui change tout pour la famille.
Ce qui joue contre
- Le logement absorbe une part de revenu sans équivalent en France.
- La protection sociale est plus mince : congés, arrêts maladie, préavis.
- Les délais du NHS poussent à payer une couverture privée.
- Le coût d'entrée du visa, surtaxe santé comprise, se chiffre en milliers de livres.
- La précarité du statut tant que la résidence permanente n'est pas acquise.
L'arbitrage se joue sur un point : avez-vous une offre d'emploi sponsorisée, ou un motif familial ? Si oui, le projet est solide et le reste n'est que de l'organisation. Sinon, mieux vaut le savoir tôt. Partir sans sponsor pour chercher sur place n'est plus une stratégie viable depuis 2021, et c'est le conseil le plus fréquemment périmé qu'on trouve encore en ligne.
Les chiffres clés, vérifiés le 19 août 2026
- Seuil général Skilled Worker
- 41 700 £/an
- Seuil réduit (moins de 26 ans, doctorat)
- 33 400 £/an
- Surtaxe santé, par an et par personne
- ≈ 1 035 £
- Épargne à justifier
- 1 270 £ pendant 28 jours
- Dépôt de location, plafond légal
- 5 semaines de loyer
- Fin de la libre circulation
- 31 décembre 2020
Questions fréquentes
Seuils de salaire, montant de la surtaxe santé et justificatif d'épargne relevés sur gov.uk le 19 août 2026. Les fourchettes de coût de la vie sont des ordres de grandeur observés à la même date, non des tarifs contractuels. Les règles d'immigration britanniques changent fréquemment : cette page est révisée deux fois par an, et le site n'est pas un conseil juridique. Les ressortissants d'autres nationalités relèvent de règles différentes et doivent se référer à gov.uk.